Tout est parti d'un geste : celui, très ancien, de la peinture gestuelle et de l'abstraction lyrique — un langage instinctif, libre de toute contrainte figurative. J'ai voulu le prolonger sans le trahir, en le faisant entrer en résonance avec les outils numériques. De cette rencontre est née la MétAbstraction : ni pure abstraction, ni figuration, mais un au-delà — méta — de la forme, où la couleur, le geste et l'image recomposée deviennent un seul et même langage.
Ce langage, je le veux affranchi des appartenances — de tout drapeau, de toute frontière, de toute contrainte politique. Ce qui m'intéresse, c'est l'émotion brute comme terrain d'entente : un endroit où les cultures peuvent encore se parler, au-delà de leurs différences. C'est le fil que je tire depuis mes premières toiles jusqu'à mes installations monumentales les plus récentes — un même désir de dialogue, de paix entre les peuples, et d'union par la sensibilité plutôt que par le discours.