Avec TRAJECTOIRES, DEC poursuit une réflexion engagée depuis plusieurs années autour du paysage comme expérience vécue plutôt que comme représentation. Son travail s’inscrit dans une relation directe avec le territoire alpin, dont il explore moins les formes visibles que les dynamiques sensibles et émotionnelles.
La montagne apparaît ici comme un organisme vivant, traversé de tensions, de mouvements et de mémoires. Loin d’une vision descriptive, elle devient un seuil. Un espace de transition où les frontières entre matière et perception, entre réalité physique et expérience intérieure, tendent à s’effacer.
L’exposition s’organise autour d’un motif récurrent : celui du basculement de la montagne vers l’eau. Ce glissement progressif des lignes et des masses crée une circulation entre deux espaces symboliques. La verticalité du relief rencontre la profondeur du lac ; l’immensité du paysage dialogue avec l’intériorité du regardeur.
Dans cette rencontre, l’eau joue un rôle essentiel. Surface réfléchissante autant qu’espace d’absorption, elle agit comme un lieu de transformation. Les formes se dédoublent, se dissolvent ou se recomposent, ouvrant un champ de perception où le paysage devient expérience méditative.
Les œuvres réunies dans TRAJECTOIRES témoignent d’une attention particulière aux matières, aux strates, aux phénomènes de lumière et aux rythmes naturels. Elles proposent une lecture du paysage fondée sur la sensation et la présence, invitant chacun à trouver sa propre trajectoire au sein de ces espaces de résonance.
Plus qu’une représentation du monde, cette exposition offre une expérience du passage : passage entre les éléments, entre les états de la matière, entre le regard et l’émotion.